Un avenir sans faim

Publié le 24.05.2017

G7 : Emmanuel Macron à l’épreuve de la gouvernance mondiale

Paris, mercredi 24 mai 2017 - Le prochain G7 qui se tiendra à Taormina en Italie les 26 et 27 mai - premier sommet depuis l’élection d’Emmanuel Macron mais aussi depuis celle de Donald Trump et le Brexit -, aura valeur de test pour la vision que le nouveau président de la République souhaite porter sur la scène internationale. Alors même que des rapports de force entre membres du G7 se dessinent d’ores-et-déjà sur des enjeux clés, la capacité du nouveau président français à faire entendre une parole forte et solidaire de la France sera mise à l’épreuve.

Force est de reconnaître que ce sommet va donner la température de la géopolitique internationale de ces prochaines années sur de nombreux sujets. On le sait, l’Accord de Paris, la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, la primauté des droits humains sur la sphère économique sont autant de sujets aujourd’hui menacés d’être écartés des grandes déclarations internationales, dont celles du G7, sous la pression américaine. C’est pourquoi, dès ce premier rendez-vous, le nouveau président de la République française doit réaffirmer ces grandes priorités et poser le socle de son action internationale en positionnant notamment la France du côté de la diplomatie des droits humains, plutôt que de la diplomatie économique.

Ce sommet constitue également un test pour Emmanuel Macron, qui a basé une partie de sa campagne sur la nécessité d’un renouvellement en matière de gouvernance mondiale.

Pour le CCFD-Terre Solidaire, la question du multilatéralisme se doit d’être au cœur des orientations et des décisions à prendre à l’avenir. Ainsi, renouveler la gouvernance suppose de faire des choix quant aux espaces multilatéraux à privilégier. On assiste depuis plusieurs années à une multiplication d’espaces de gouvernance, institutionnalisés (comme le G7 ou le G20) ou non, souvent réduits à un club de pays riches ou émergents, et qui concurrencent l’Organisation des Nations unies (ONU). Ceci contribue à une démultiplication des discussions et à un délitement de l’impact des décisions, tout en posant bien sûr la question de la légitimité des décisions prises. Par ailleurs, l’émergence d’un discours axé sur la participation de « l’ensemble des parties prenantes » aux espaces de décision doit amener à clarifier le rôle et la place des différents participants. Ainsi en est-il de la place accordée aux représentants du secteur privé, désormais présentés comme des acteurs incontournables du développement, sans que soient considérés les possibles conflits d’intérêts et l’indispensable transparence dans leur participation.

A l’occasion de ce G7, Emmanuel Macron devra ainsi définir quelle figure présidentielle il souhaite incarner dans les cinq ans à venir. « Sera-t-il le président d’un multilatéralisme qui met au même niveau les Etats et les multinationales en reléguant, au second plan, la voix des populations vulnérables ? Sera-t-il le président qui privilégie les clubs des pays riches pour décider des grandes orientations mondiales ou remettra-t-il enfin sur le devant de la scène les espaces onusiens qui permettent à l’ensemble des Etats de participer aux décisions ? », interroge ainsi Caroline Dorémus-Mège, Directrice du plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire.

Le nouveau président de la République peut faire de sa première participation au sommet du G7 un moment majeur pour affirmer les priorités de l’action internationale de la France et une vision renouvelée de la gouvernance mondiale. Pour le CCFD-Terre Solidaire, comme pour ses partenaires dans les pays du Sud, les enjeux réclament en effet un profond changement de paradigme.

Contact presse : Emilie Perraudin - e.perraudin@ccfd-terresolidaire.org - 06 6612 33 02

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